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Appel des cercles de silence au nouveau gouvernement

Créés il y a près de 5 ans pour protester contre l’enfermement des étrangers dans des centres de rétention administrative (CRA) au seul motif que ces étrangers se retrouvent dans une situation d’irrégularité administrative, les cercles de silence sont une expression non violente de citoyens isolés ou soutenus par des dizaines d’associations, organisations ou collectifs locaux ou nationaux.Ils regroupent chaque mois dans 174 villes de France, des milliers de personnes qui manifestent en silence durant une heure.


Les centres de rétention administrative sont de véritables prisons où les retenus, enfermés sans jugement, deviennent "vulnérables" et ont de graves difficultés à faire respecter leurs droits. Les expulsions ont créé des situations familiales inextricables : enfants en centre de rétention, familles disloquées, personnes expulsées dans un pays où ils courent de graves dangers….
Le président de la république a changé, la majorité de l’assemblée nationale aussi …..Mais c’est toujours la législation sur les étrangers durcie par l’ancienne majorité qui s’applique.

Nous appelons à un changement de la loi en profondeur avec un souci de justice visant à ne pas compromettre l’avenir de tous ceux qui n’ont d’autre choix que de se retrouver en exil dans notre pays.

En attendant ce changement de la loi, conformément aux engagements pris par le nouveau président avant son élection, « je veillerai à ce que chaque migrant, quelle que soit sa situation, soit traité avec dignité, dans le respect de ses droits fondamentaux», nous demandons instamment que les mesures suivantes concernant tout le territoire français soient prises de toute urgence afin que la machine administrative et policière cesse de broyer� des existences.

- mettre fin aux objectifs chiffrés en matière d'expulsion qui font voler en éclat les règles qui garantissent les libertés individuelles

- rompre (comme le permet la directive européenne dite « directive retour » ) avec la logique d’enfermement systématique des étrangers et en premier lieu des familles et privilégier des mesures alternatives plus justes et humaines

- instaurer un moratoire sur les expulsions dans l’attente de la nouvelle loi

- traiter le droit d'asile là où se situe la compétence sur la situation à l’étranger

Ces mesures peuvent être prises très rapidement préfigurant une évolution dans la manière de considérer l’étranger.

Le changement, ce doit être dès maintenant

« Au début ils vous ignorent, ensuite ils vous raillent, puis vous combattent, mais à la fin c’est vous qui gagnez. » - Mahatma Gandhi

Avec ou sans papiers, l’étranger est une personne.
La dignité de chaque personne ne se discute pas, elle se respecte.
Notre silence le crie.
 
Voir ici pour signer la pétition en ligne


Envoyez ce texte tel quel ou avec vos amendements à vos élus locaux ou à :

http://www.elysee.fr/ecrire/premier-ministre@cab.pm.gouv.frmanuel.valls@interieur.gouv.fr


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Actualités du Cercle au jour le jour


D'un article du Monde :
 
21 janvier 2017                                                                         " Maintenant, on sait qui est pour...
Trois France face à l'accueil des migrants






 
4 774 

migrants ont

volontairement quitté la France en 2016
Si ce nombre est
sensiblement équivalent aux départs en 2015 (4 758), il se structure différemment. Les nationalités présentes dans la " jungle " de Calais ont le plus demandé à repartir : les Afghans, deuxième nationalité du bidonville, ont été vingt fois plus nombreux à souhaiter rentrer chez eux que l'année d'avant. Les départs volontaires d'Iraniens ont augmenté de 194 %, ceux d'Irakiens de 114 %, et ceux de Pakistanais de 55 %.

L'Office français de l'immigration a privilégié les retours vers les pays soumis à visa, Didier Leschi, son directeur, jugeant que les départs de migrants européens ou des Balkans se soldaient souvent par des retours.


Avec la multiplication des poursuites judiciaires, le camp des " solidaires " s'organise de plus en plus
 
I
l y a ceux qui défendent " le paysan de la Roya " et ceux qui fustigent son action auprès des migrants. Autour de l'emblématique Cédric Herrou, qui héberge des Africains qui ont traversé à pied la frontière italienne, se dessinent plusieurs France. Celle qui estime, à l'instar par exemple d'un Arnaud Montebourg, qu'il ne devrait pas être poursuivi pour avoir aidé des migrants. Celle qui, comme le président du conseil départemental des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti, assimile l'aide des citoyens de cette vallée à une " filière d'immigration clandestine ".

Cette ligne qui traverse l'échiquier politique, renvoie à une -scission profonde dans la société. Directeur du département opinion publique à l'IFOP, Jérôme Fourquet identifie même " trois France ", à y regarder de plus près. " Dans le rapport aux migrants, nous ne sommes pas dans du bilatéral, estime l'auteur de Accueil ou submersion, regards européens sur la crise des migrants (Edition de l'Aube, 2016). Nos concitoyens se partagent en trois groupes avec d'un côté les inconditionnels de l'accueil ; de l'autre les opposants à l'entrée d'étrangers. Et entre les deux, un large pourcentage de la population qui estime que ce qui arrive aux Syriens, Africains ou Afghans est terrible, certes, mais dont la crainte 

 
du terrorisme, du chômage ou du déclassement brise leurs velléités d'accueil. "
La taille des groupes varie, mais le découpage, lui, perdure. Depuis quelques mois, toute une série d'événements a précipité le " coming out " des uns et des autres.
Des " pro " de plus en plus mobilisés
Du côté des " solidaires ", l'accélération des comparutions en justice de soutiens aux migrants a précipité la mobilisation. Cédric Herrou, qui après son procès début janvier sera fixé sur son sort le 10 février, a de nouveau été placé en garde à vue, jeudi 19 janvier.
 
Mardi 17 janvier, l'un des Parisiens les plus présents sur les campements depuis 2015, devait être jugé, poursuivi pour " rébellion et violence sur personne dépositaire de l'autorité publique ", pour avoir voulu éviter à des migrants d'être emmenés par la police. Renvoyé au 5 mai, ce procès est le second pour Houssama El Assimi qui avait déjà dû en septembre 2016 répondre de l'organisation d'une manifestation interdite avant d'être relaxé. Le 8 février, ce sera le tour de Ben Art Core, jeune photographe de presse jugé à Nice, poursuivi pour avoir incité et aidé des étrangers en situation irrégulière à passer en France. A Calais aussi des citoyens sont à la barre.
Même si le comptage est difficile, ils seraient " trente ou trente-cinq à être actuellement poursuivis ", estime Valérie Osouf, militante parisienne. " Les mêmes ordres de grandeur que sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, à l'heure où Eric Besson était ministre de l'identité nationale ", notent de concert plusieurs militants historiques. Comme le rappelle Violaine Carrère du Groupe d'information et de soutien des immigrés, " les poursuites ne sont pas toujours directement engagées pour “aide à l'entrée et au -séjour” " (article 622-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers), que les associations ont rebaptisé " délit de solidarité ". " D'autres chefs d'accusation se multiplient ", ajoute la juriste.
Face à cette vague, une centaine de syndicats et d'associations ont signé le 12 janvier un texte rappelant qu'" on assiste depuis plusieurs mois à la recrudescence de cas où la solidarité est tenue pour un délit ". Les signataires y voient une volonté directe des " auto-rités " de " faire plier les citoyennes et les citoyens qui n'adhèrent pas aux politiques de non-accueil et de mise à l'écart des migrants ".
Plusieurs centaines de lettres commençant par " Monsieur le président, aujourd'hui, j'ai commis un délit de solidarité. Hier aussi. Et demain je le referai ", ont été récemment postées pour l'Elysée. Agnès Tricoire, l'avocate qui a impulsé ces envois veut interpeller directement le chef de l'Etat. " Nous sommes des milliers à refuser la politique du pire, à refuser qu'un délit contre lequel nous nous sommes battus sous la droite nous soit renvoyé dans la gueule par la gauche ", a-t-elle écrit à François Hollande. Un peu ce que veut aussi mettre en exergue le mouvement de soutien autour de l'association la Roya citoyenne, avec des gens aussi divers que les artistes Sanseverino, les chroniqueurs Nicole Ferroni et Guillaume Meurice ou Cécile Duflot.
Cette France-là n'est pas limitée à Vintimille, Calais ou Paris où l'accueil administratif. Partout, dans les villes et villages où ont ouvert des centres d'accueil, des personnes apportent de l'aide. Une France solidaire qui donne un pull ou un sandwich, puis un jour une place au chaud, oubliant de demander au bénéficiaire son statut administratif.
En Ile-de-France, un vaste mouvement de citoyens héberge ainsi pour une nuit ou une semaine les mineurs remis à la rue parce que jugés trop âgés. Entre Vintimille et Nice, on convoie en voiture, on nourrit, on héberge ceux qui ont traversé la frontière dans la neige en baskets de toile. A Calais, nombre de bénévoles prennent désormais chez eux ceux que l'Etat n'héberge plus depuis qu'il pense le " problème " résolu par l'évacuation du bidonville. Un bénévole du Secours catholique a récemment été réveillé à 5 heures du matin par le SOS de jeunes en hypothermie vite mis à l'abri avec leurs amis " chez des bénévoles afin qu'ils se refassent une santé ".
Des " anti " qu'on entend peu
Ils étaient auparavant plus discrets. Dans quelques villes comme Allex, dans la Drôme, ou à Saint-Brévin-les-Pins, en Loire-Atlantique, des groupuscules ont manifesté leur opposition à une installation dans leur commune des évacués de la " jungle " de Calais, dans la foulée des déclarations de Laurent Wauquiez, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, craignant de voir " des mini-Calais ". Ces villes, où des manifes-tations ont eu lieu, sont pourtant restées des épiphénomènes circonscrits, comme les quelques dommages causés à des centres prévus pour recevoir.
Sur le reste du territoire, l'opposition aux migrants reste plus larvée. Le véritable rendez-vous pour rappeler ce qui a du mal à s'exprimer à haute voix pourrait bien être le scrutin présidentiel. Même si les langues se délient au fil des ans et de la montée des scores électoraux du parti de Marine Le Pen, tous les votants FN ne revendiquent pas haut et fort leurs idées.
Des " ni-ni " plutôt contre
Entre cette France, qui plaide l'humanité et celle qui a peur, se dessine le large groupe du " ni-ni " que connaît bien le politologue Jérôme Fourquet. Un ensemble qui dérive ponctuellement vers l'un ou l'autre des deux camps, au gré des événements. " Lorsque le pape François demande d'accueillir, un glissement se fait dans le groupe catholique vers les proaccueil ; lorsque rejaillit la peur du terrorisme, les indécis passent chez les opposants à l'accueil ", rappelle l'analyste pour qui ces indécis ont la spécificité toute française de " pencher plus vers le camp des “antimigrants” que celui de l'accueil. Contrairement au positionnement de ce même groupe en -Allemagne et en Italie. "
Aux yeux de M. Fourquet, trois facteurs, structurels ou conjoncturels, expliquent cette spécificité française. " D'abord, les paysages politiques diffèrent. De ces trois pays, la France est le seul dans lequel un parti d'extrême droite, le Front national, laboure le terrain depuis trente ans, martelant in-lassablement un discours antimigrants ", explique-t-il. La dialectique frontiste ayant même donné le la du positionnement des autres partis sur ce thème, entraînant une lepénisation des repères.
De plus, " la crise des banlieues de 2005 a durablement insinué dans les esprits que notre modèle d'intégration a échoué. D'où l'idée que dans l'incapacité d'intégrer des nouveaux venus, il vaut mieux ne pas accueillir ", ajoute M. Fourquet qui rappelle au passage que " l'accueil n'a pas été porté en France par des discours politiques forts depuis 2015 "... Les Allemands ont eu le " wir schaffen das " (" nous y arriverons ") de la chancelière Angela Merkel. Les Italiens entendent les messages récurrents du pape François. Mais en France le costume du leader de l'accueil n'a pas trouvé preneur.
Tout cela dessine un pays clivé, avec un danger : la radicalisation des plus extrêmes. Maryline Baumard

© Le Monde                                                                                                                                                   23/01/2017 09:13




Le Cri du Silence, un recueil de témoignages des acteurs des Cercles de silence sur les questions de migrations
 
    Assurément, il y a un nouvel ordre mondial à inventer.
Incontestablement, la question de la libre circulation des hommes et des femmes dans le monde est fortement débattue et marquée de politiques étroites et sécuritaires. Notre vieille Europe se protège des migrations et se barde de barrières virtuelles, illusoires mais légales.


    Les Cercles de silence, sans bavardage sonore ou visuel, dans le silence, lancent un appel fort à notre conscience individuelle et collective. Ils questionnent nos pensées et nos regards. Ils appellent à l’arrêt immédiat de tous les comportements racistes et xénophobes.
Le manifestant silencieux incite chaque passant à s’interroger sur l’accueil de l’étranger. Il invite la personne à un changement de regard et un engagement civil et politique pour des solutions pérennes et partagées par tous.
Tel est l’enjeu des questions abordées par les cercles de silence : un monde par tous et pour tous.


    L’association Des Hommes et des Lieux a rencontré les fondateurs des Cercles de silence à Lyon. L’existence de ces petits cercles de silence, qui ont « fleuri » à partir d’initiatives citoyennes partout en France, sensibles à ces thématiques de l’avenir de nos sociétés à travers le monde, nous a fortement interpellées. Elle est celle de la place et du respect des hommes et des femmes où qu’ils résident sur notre planète ; elle est celle de la dignité et de l’humanité de nos sociétés ; elle est celle des grandes questions d’aujourd’hui et de demain sur l’avenir de la répartition des richesses et des migrations.

    Les cercles de silence témoignent avec ténacité et courage de notre fragilité humaine, de notre vulnérabilité à vivre ensemble et à considérer l’Autre, au sens littéral du mot. L’association Des Hommes et des Lieux a choisi d’être à cet endroit et de contribuer à ce message fort. Elle s’est proposée d’être relais de cette attention partagée avec ceux qui, régulièrement, se tiennent debout, ensemble, en silence, dans une posture non-violente pour appeler à la conscience personnelle et sociétale.

Objectifs :
- Questionner la place que nous donnons à « l’étranger » dans nos sociétés occidentales
- S’interroger sur le quotidien des migrants
- En appeler à la conscience individuelle et collective

Finalité :
L’organisation d’une « lecture publique d’extraits choisis » de la biographie collective des cercles de silence à la mairie du 1° arrondissement de Lyon. Dans notre volonté de construire des ponts avec différents médias artistiques et d’ouvrir nos regards et nos sensibilités, nous étudions actuellement le projet d’une exposition mêlant photos et textes.



Le but des CDS est essentiellement un appel à la conscience de tous pour que l’Europe convertisse sa politique face à l’émigration

Publié le 3 novembre 2014 par Michel Durand

Le but des CDS est essentiellement un appel à la conscience de tous pour que l’Europe convertisse sa politique face à l’émigration

Le Collectif d’acteurs des Cercles de silence

vous invite le mercredi 5 novembre 2014

à 18 h à la mairie du 1er arrondissement

2 Place Sathonay, 69001 Lyon

à une soirée de présentation du livre, publié par ses soins :

Le cri du silence, Paroles collectives

Au cours de cette rencontre, nous écouterons plusieurs lectures de témoignages mis en scène par une comédienne, Marie-Caroline Guérard, nous prendrons connaissance de l’initiative des cercles de silence par Alain Richard, à l’aide d’un DVD (un extrait) et nous échangerons sur l’importance d’en appeler à la conscience personnelle et collective pour convertir l’égoïsme des pratiques politiques européennes qui nous concernent.

Publié dans Politique

Pour information. Edileuza Gallet

 
Un ouvrage du GISTI décrypte le processus de pénalisation de la législation sur les étrangers  

 
Dans le deuxième volume de la collection "Penser l'immigration autrement" intitulé "Immigration : un régime pénal d'exception", le GISTI entend "proposer une analyse critique de la condition d'étranger encadrée de façon croissante par le droit pénal", dénoncer "l'application de réponses de plus en plus punitives" aux infractions à la réglementation de l'entrée et du séjour des étrangers, et enfin "montrer comment cette double évolution induit une criminalisation de l’ensemble des étrangers et des étrangères", trois processus qui sont en effet "inextricablement liés".


Régime pénal d'exception

A travers une série de contributions de chercheurs, sociologues, avocats, magistrats, juristes..., cet ouvrage revient d'abord sur les origines de la pénalisation des étrangers, dont les "fondements" sont posés en 1938 par le décret-loi Daladier sur la police des étrangers. Dans cette partie, le président du GISTI, Stéphane Maugendre, consacre notamment un article à la peine d'interdiction du territoire français (ITF), qui illustre selon lui "parfaitement" ce fameux régime pénal d'exception.
Le chapitre suivant détaille les formes multiples de l'enfermement des étrangers, une "nouvelle forme de 'punitivité'", ainsi que les obstacles à l'aménagement des peines recontrés par cette population.
La troisième partie, titrée "Pénaliser pour stigmatiser", livre des analyses sur les usages du droit pénal contre les étrangers, sur les "réalités, amalgames et racismes" générés par le rapprochement entre immigration et délinquance, et sur l'inefficacité de la protection contre la "traite" et l'exploitation des migrants.

Stigmatisation des étrangers

Enfin, l'ouvrage se conclut par un chapitre sur le droit pénal et la défense des droits des étrangers qui s'appuie notamment sur l'exemple de l'arrêt El Dridi en Italie et sur les effets de la "directive retour".
A travers ces contributions, cet ouvrage vise "à diffuser les convictions et les analyses selon lesquelles la criminalisation des étrangers est aussi injuste et destructrice pour les intéressés que mortifère pour l'ensemble du corps social", écrivent Emmanuel Blanchard et Claire Saas, deux universitaires membres du Gisti. "Seule la dépénalisation de l'ensemble des infractions à la législation sur les étrangers est à même de forger le socle minimal sur lequel pourrait être reconstruite une politique d'immigration respectueuse des droits de chacun".
Il s'agit en effet selon eux "d'un préalable indispensable afin de refonder une cohésion sociale actuellement minée par la stigmatisation des non nationaux et la racialisation des discours et des pratiques étatiques, bien au-delà des seules sphères du droit pénal".

"Immigration, un régime pénal d'exception", GISTI, collection "Penser l'immigration autrement", 172 pages, 15 euros, à commander auprès du GISTI.

 

 

Immigration

Fin de garde à vue

Après deux arrêts de la Cour de justice européenne cette année, la Cour de Cassation l'a confirmé le 5 juillet : une personne étrangère ne pourra plus être placée en garde à vue au seul motif d'être en situation irrégulière. Une victoire pour quelque 60000 personnes. « Le regard de l'ensemble de la société française a vocation à changer pour les sans-papiers : il a été affirmé clairement qu'ils ne peuvent plus être assimilés à des délinquants »,se réjouit l'avocat de la Cimade, Me Patrice Spinosi.

L'État va devoir créer un nouveau dispositif pour les personnes susceptibles d'être soumises à une procédure d'expulsion...

À suivre, donc.

Témoignage chrétien 12 juillet 2012

 

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 21 janvier 2017                                                                                                " Maintenant, on sait qui est pour...
Trois France face à l'accueil des migrants






 
4 774 

migrants ont

volontairement quitté la France en 2016
Si ce nombre est
sensiblement équivalent aux départs en 2015 (4 758), il se structure différemment. Les nationalités présentes dans la " jungle " de Calais ont le plus demandé à repartir : les Afghans, deuxième nationalité du bidonville, ont été vingt fois plus nombreux à souhaiter rentrer chez eux que l'année d'avant. Les départs volontaires d'Iraniens ont augmenté de 194 %, ceux d'Irakiens de 114 %, et ceux de Pakistanais de 55 %.

L'Office français de l'immigration a privilégié les retours vers les pays soumis à visa, Didier Leschi, son directeur, jugeant que les départs de migrants européens ou des Balkans se soldaient souvent par des retours.


Avec la multiplication des poursuites judiciaires, le camp des " solidaires " s'organise de plus en plus
 
I
l y a ceux qui défendent " le paysan de la Roya " et ceux qui fustigent son action auprès des migrants. Autour de l'emblématique Cédric Herrou, qui héberge des Africains qui ont traversé à pied la frontière italienne, se dessinent plusieurs France. Celle qui estime, à l'instar par exemple d'un Arnaud Montebourg, qu'il ne devrait pas être poursuivi pour avoir aidé des migrants. Celle qui, comme le président du conseil départemental des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti, assimile l'aide des citoyens de cette vallée à une " filière d'immigration clandestine ".

Cette ligne qui traverse l'échiquier politique, renvoie à une -scission profonde dans la société. Directeur du département opinion publique à l'IFOP, Jérôme Fourquet identifie même " trois France ", à y regarder de plus près. " Dans le rapport aux migrants, nous ne sommes pas dans du bilatéral, estime l'auteur de Accueil ou submersion, regards européens sur la crise des migrants (Edition de l'Aube, 2016). Nos concitoyens se partagent en trois groupes avec d'un côté les inconditionnels de l'accueil ; de l'autre les opposants à l'entrée d'étrangers. Et entre les deux, un large pourcentage de la population qui estime que ce qui arrive aux Syriens, Africains ou Afghans est terrible, certes, mais dont la crainte 

 
du terrorisme, du chômage ou du déclassement brise leurs velléités d'accueil. "
La taille des groupes varie, mais le découpage, lui, perdure. Depuis quelques mois, toute une série d'événements a précipité le " coming out " des uns et des autres.
Des " pro " de plus en plus mobilisés
Du côté des " solidaires ", l'accélération des comparutions en justice de soutiens aux migrants a précipité la mobilisation. Cédric Herrou, qui après son procès début janvier sera fixé sur son sort le 10 février, a de nouveau été placé en garde à vue, jeudi 19 janvier.
 
Mardi 17 janvier, l'un des Parisiens les plus présents sur les campements depuis 2015, devait être jugé, poursuivi pour " rébellion et violence sur personne dépositaire de l'autorité publique ", pour avoir voulu éviter à des migrants d'être emmenés par la police. Renvoyé au 5 mai, ce procès est le second pour Houssama El Assimi qui avait déjà dû en septembre 2016 répondre de l'organisation d'une manifestation interdite avant d'être relaxé. Le 8 février, ce sera le tour de Ben Art Core, jeune photographe de presse jugé à Nice, poursuivi pour avoir incité et aidé des étrangers en situation irrégulière à passer en France. A Calais aussi des citoyens sont à la barre.
Même si le comptage est difficile, ils seraient " trente ou trente-cinq à être actuellement poursuivis ", estime Valérie Osouf, militante parisienne. " Les mêmes ordres de grandeur que sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, à l'heure où Eric Besson était ministre de l'identité nationale ", notent de concert plusieurs militants historiques. Comme le rappelle Violaine Carrère du Groupe d'information et de soutien des immigrés, " les poursuites ne sont pas toujours directement engagées pour “aide à l'entrée et au -séjour” " (article 622-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers), que les associations ont rebaptisé " délit de solidarité ". " D'autres chefs d'accusation se multiplient ", ajoute la juriste.
Face à cette vague, une centaine de syndicats et d'associations ont signé le 12 janvier un texte rappelant qu'" on assiste depuis plusieurs mois à la recrudescence de cas où la solidarité est tenue pour un délit ". Les signataires y voient une volonté directe des " auto-rités " de " faire plier les citoyennes et les citoyens qui n'adhèrent pas aux politiques de non-accueil et de mise à l'écart des migrants ".
Plusieurs centaines de lettres commençant par " Monsieur le président, aujourd'hui, j'ai commis un délit de solidarité. Hier aussi. Et demain je le referai ", ont été récemment postées pour l'Elysée. Agnès Tricoire, l'avocate qui a impulsé ces envois veut interpeller directement le chef de l'Etat. " Nous sommes des milliers à refuser la politique du pire, à refuser qu'un délit contre lequel nous nous sommes battus sous la droite nous soit renvoyé dans la gueule par la gauche ", a-t-elle écrit à François Hollande. Un peu ce que veut aussi mettre en exergue le mouvement de soutien autour de l'association la Roya citoyenne, avec des gens aussi divers que les artistes Sanseverino, les chroniqueurs Nicole Ferroni et Guillaume Meurice ou Cécile Duflot.
Cette France-là n'est pas limitée à Vintimille, Calais ou Paris où l'accueil administratif. Partout, dans les villes et villages où ont ouvert des centres d'accueil, des personnes apportent de l'aide. Une France solidaire qui donne un pull ou un sandwich, puis un jour une place au chaud, oubliant de demander au bénéficiaire son statut administratif.
En Ile-de-France, un vaste mouvement de citoyens héberge ainsi pour une nuit ou une semaine les mineurs remis à la rue parce que jugés trop âgés. Entre Vintimille et Nice, on convoie en voiture, on nourrit, on héberge ceux qui ont traversé la frontière dans la neige en baskets de toile. A Calais, nombre de bénévoles prennent désormais chez eux ceux que l'Etat n'héberge plus depuis qu'il pense le " problème " résolu par l'évacuation du bidonville. Un bénévole du Secours catholique a récemment été réveillé à 5 heures du matin par le SOS de jeunes en hypothermie vite mis à l'abri avec leurs amis " chez des bénévoles afin qu'ils se refassent une santé ".
Des " anti " qu'on entend peu
Ils étaient auparavant plus discrets. Dans quelques villes comme Allex, dans la Drôme, ou à Saint-Brévin-les-Pins, en Loire-Atlantique, des groupuscules ont manifesté leur opposition à une installation dans leur commune des évacués de la " jungle " de Calais, dans la foulée des déclarations de Laurent Wauquiez, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, craignant de voir " des mini-Calais ". Ces villes, où des manifes-tations ont eu lieu, sont pourtant restées des épiphénomènes circonscrits, comme les quelques dommages causés à des centres prévus pour recevoir.
Sur le reste du territoire, l'opposition aux migrants reste plus larvée. Le véritable rendez-vous pour rappeler ce qui a du mal à s'exprimer à haute voix pourrait bien être le scrutin présidentiel. Même si les langues se délient au fil des ans et de la montée des scores électoraux du parti de Marine Le Pen, tous les votants FN ne revendiquent pas haut et fort leurs idées.
Des " ni-ni " plutôt contre
Entre cette France, qui plaide l'humanité et celle qui a peur, se dessine le large groupe du " ni-ni " que connaît bien le politologue Jérôme Fourquet. Un ensemble qui dérive ponctuellement vers l'un ou l'autre des deux camps, au gré des événements. " Lorsque le pape François demande d'accueillir, un glissement se fait dans le groupe catholique vers les proaccueil ; lorsque rejaillit la peur du terrorisme, les indécis passent chez les opposants à l'accueil ", rappelle l'analyste pour qui ces indécis ont la spécificité toute française de " pencher plus vers le camp des “antimigrants” que celui de l'accueil. Contrairement au positionnement de ce même groupe en -Allemagne et en Italie. "
Aux yeux de M. Fourquet, trois facteurs, structurels ou conjoncturels, expliquent cette spécificité française. " D'abord, les paysages politiques diffèrent. De ces trois pays, la France est le seul dans lequel un parti d'extrême droite, le Front national, laboure le terrain depuis trente ans, martelant in-lassablement un discours antimigrants ", explique-t-il. La dialectique frontiste ayant même donné le la du positionnement des autres partis sur ce thème, entraînant une lepénisation des repères.
De plus, " la crise des banlieues de 2005 a durablement insinué dans les esprits que notre modèle d'intégration a échoué. D'où l'idée que dans l'incapacité d'intégrer des nouveaux venus, il vaut mieux ne pas accueillir ", ajoute M. Fourquet qui rappelle au passage que " l'accueil n'a pas été porté en France par des discours politiques forts depuis 2015 "... Les Allemands ont eu le " wir schaffen das " (" nous y arriverons ") de la chancelière Angela Merkel. Les Italiens entendent les messages récurrents du pape François. Mais en France le costume du leader de l'accueil n'a pas trouvé preneur.
Tout cela dessine un pays clivé, avec un danger : la radicalisation des plus extrêmes. Maryline Baumard

© Le Monde                                                                                                                                                   23/01/2017 09:13



Toulouse : les Cercles de silence, cinq ans de dénonciation sans mutisme

Il y a cinq ans des frères franciscains décidaient, en protestation contre les centres de rétention des sans-papiers, de lancer les cercles de silence place du Capitole. Le mouvement a aujourd’hui gagné près de 200 villes en France et à travers l’Europe. Un « appel du 20 octobre » européen devrait voir le jour.

 

Un silence qui résonne au-delà des frontières

Pour marquer le coup il fallait bien une entorse à la règle. Alors, pour les cinq ans des cercles du silence, le rassemblement a exceptionnellement délaissé son horaire habituel du mardi et deux à trois cents personnes se sont retrouvées samedi 20 octobre. Immobiles et silencieuses elles ont partagé la place du Capitole avec des étudiants festifs mais curieux et des manifestants anti-corrida. Mgr Le Gall, archevêque de Toulouse s’est joint au cercle.

toulouse 2012 - 1

Toulouse 2012 - 2

La poignée de frères franciscains a élargi son cercle à Toulouse depuis ses débuts et a essaimé partout en France et en Europe ce moyen de protestation. « Nous avons commencé parce que nous avons voulu être honnêtes avec nous-mêmes vis-à-vis des sans-papiers, rappelait le frère Alain Richard. Avec l’espoir que notre démarche puisse aider d’autres personnes à découvrir leurs responsabilités d’êtres humains et de citoyens à l’égard des étrangers qui arrivent pour sauver leur vie ou survivre ». Le silence résonne aujourd’hui dans 176 villes françaises et plusieurs villes européennes selon les organisateurs. Ce samedi, certains maillons du cercle place du Capitole avaient fait le déplacement depuis Séville ou encore Genève.

Pour lire la suite, voir ici : RUE89